Je suis sûr que cela vous est déjà arrivé : vous regardez les prochains concerts et tombez sur un artiste dont vous connaissez seulement deux ou trois chansons. Motivé à l’idée d’y aller, vous achetez les billets.
La fatigue du quotidien : un frein bien réel
Le jour du concert, censé ponctuer une journée bien pourrie et une nuit précédente raccourcie parce que vos enfants ont décidé qu’un monstre terrifiant se cachait dans leur placard. Résultat : la motivation baisse et vous vous surprenez à dire des phrases du type : « C’est loin, le Zénith », « Je ne connais aucune chanson », « Je vais sûrement m’ennuyer ».
Superbus au Zénith : un concert que je n’attendais pas
C’était exactement mon sentiment jeudi dernier avant d’aller voir Superbus au Zénith. Finalement, ayant déjà raté un concert récemment à cause du Covid, je décide de me remotiver et d’aller découvrir ce groupe que je connais peu, en dehors des chansons Lola, Butterfly ou Tchi-cum-bah.
Derrière les trois monstres du rock français : Indochine, Téléphone (perpétué par Jean-Louis Aubert en concert) ou Louise Attaque, capables de remplir Zénith, arenas et stades à la pelle, il existe une liste de groupes de rock moins capables de rassembler plusieurs centaines de milliers de spectateurs, mais qui gravitent autour. (La Mano Negra via Manu Chao, Phoenix ou Shaka Ponk sont mis de côté, car ils ne chantent pas en français.) Dans cette liste, aux côtés de BB Brunes, Kyo, Mickey 3D ou Dionysos, on trouve Superbus.


Une claque inattendue
Et clairement, c’était une claque. L’ambiance est électrique et bon enfant, rappelant fortement un concert de M ou d’Indochine, notamment grâce à la présence de nombreux enfants de plus de 10 ans. Jenn, la leader du groupe, crève littéralement l’écran, et les cinq dernières minutes du concert (je ne spoile pas si vous y allez) sont un moment que j’ai rarement vu dans une salle de concert : elle crée un lien avec son public rare et rafraîchissant.
Les chansons, dont l’écran géant traduit le sens, sont bien plus profondes qu’on ne pourrait le croire lors d’une écoute distraite. Bref : deux heures de concert avec quelques surprises. Je ne regrette absolument rien de ma soirée.
Par Alban de Montmarin pour l’Édito


